Publishers n°18
10 ans après avoir ouvert sa chaîne YouTube et silloné le monde pour Brut, ce créateur teste un nouveau modèle en collab' avec Arte pour mettre en avant les fixeurs qu'il a rencontrés sur le terrain.
Cette rencontre s’est jouée dans les couloirs de l’un des sièges de Google à Londres, tout près de la gare Saint-Pancras. Alors que j’assistais à un sommet organisé par YouTube, réunissant des médias européens, je me suis rapproché de Thomas Seymat, qui venait de prendre la parole. Responsable innovation et numérique de l'information d’Arte, il m’a alors parlé d’un futur projet avec… Charles Villa. L’occasion était trop belle pour ne pas en savoir plus.
Le reporter, qui a fait le tour du monde notamment pour Brut, est mon invité cette semaine pour me parler du format qu’il coproduit avec la chaîne franco-allemande. On y parle aussi de son modèle économique en tant que créateur indépendant depuis qu’il a quitté Brut, et de sa vision du journalisme sur YouTube.
Dans les onglets que je vous ai mis de côté, je vous raconte la fin de ce qui a été, pendant un temps, un format de narration plébiscité par certaines rédactions : les shows originaux sur Snapchat. Direction aussi France Culture pour une émission entre nouveaux et anciens fans de newsletters. Enfin, on se posera une question : quelle est la différence entre les shows et les vidéos sur YouTube ?
Bienvenue dans Publishers n° 18.
Bonne lecture !
L’interview.
C’est veut dire quoi être reporter de guerre indépendant sur YouTube ?
Il y a dix ans, Charles ouvrait sa chaîne sur YouTube. Depuis, il y a enchainé les collaborations, les reportages à l’autre bout du monde et les formats à la première personne en pleine zone de conflit.
Alors qu’il inaugure un nouveau format avec Arte dans lequel il laisse parler ses fixeurs, ces journalistes de terrain qui aident logistiquement les reporters, il me raconte comment il voit l’avenir du contenu long d’information sur la plateforme. Et comment il le finance à son échelle.
Tu avais réalisé un documentaire sur les fixeurs pour la plateforme BrutX, qu’est-ce qui change dans ta manière de travailler avec Arte ?
Elle n’a pas tant changé que ça, dans la mesure où « Fixers », je l’ai fait parce que j’avais l’impression qu’il y avait une urgence à parler du métier de ces journalistes de terrain. À la fois quand j’étais chez Brut et aujourd’hui pour Arte. J’avais envie de leur donner de la visibilité. Je faisais aussi cela pour les protéger. Je considère que c’est une question de morale de montrer que notre travail sur le terrain est un travail partagé, collaboratif.
Sur le côté diffusion pour répondre précisément à ta question, j’avais déjà travaillé avec Arte avant d’aller chez Brut, et ça faisait longtemps que je voulais refaire une collaboration avec le service public. Le truc en plus avec Arte, c’est que c’est la meilleure chaîne de France, voire d’Europe, sur le digital. Ils laissent aussi beaucoup de liberté sur le ton des productions. Je ne perds pas ma patte en produisant des vidéos avec eux, ce qui n’est pas forcément le cas avec d’autres diffuseurs. C’est hyper agréable de bosser avec des gens qui savent à la fois ce qui marche et ce que les gens ont envie de voir.
Comment tu te dis que certains profils de fixeurs feront des bons incarnants ?
Je dirais que c’est avant tout du feeling. Souvent, ce sont des journalistes télé qui ont envie de raconter plus de choses que ce qu’ils font dans leurs reportages. Certains sont frustrés de ne faire que des sujets de deux ou trois minutes.
Il y a aussi un truc d’humanité qui ressort beaucoup chez ces profils, car ils parlent de leur pays, de leurs amis ou collègues qui se font tuer par les bombardements. D’un coup, tout devient très personnel, et ça se ressent à la caméra.
Et puis, il y a une question que je me pose tout le temps aussi : « Est-ce qu’il faut que je filme la discussion que j’ai en ce moment avec ce fixeur ? » Si la réponse est oui, je sais que c’est un profil idéal pour ma série.
Tu as eu des expériences avec d’autres chaînes où ça a été moins évident ?
J’ai longtemps travaillé avec la télé, et c’est un endroit où il est hyper compliqué d’imposer des idées créatives et de proposer des formats qu’ils n’ont pas l’habitude de faire. Ça a même été le cas à certains moments chez Brut, alors que, pendant très longtemps, j’avais carte blanche.
Après, j’ai aussi collaboré avec des acteurs du streaming comme Prime Video (nb : pour une série sur Jérôme Jarre, « Love Army, où es-tu Jérôme ? »). J’ai un peu tout testé, donc je sais avec qui je préfère produire un format. Pour ma série « Fixers », je suis entré directement en discussion avec les équipes d’Arte Info, qui cherchaient à lancer une nouvelle chaîne YouTube.
Je connaissais bien leurs équipes et je savais qu’elles seraient ouvertes à l’idée de tester de nouveaux formats très graphiques et de nouvelles narrations complètement incarnées. On vient de sortir un premier numéro sur la RDC, et je travaille sur un nouvel épisode au Liban.
Combien de personnes travaillent sur « Fixers » ?
Sur cette série, je suis aidé par Hérade Feist, rédactrice en chef d’Arte Reportages, qui supervise l’écriture du script. De mon côté, je travaille main dans la main avec les fixeurs qui apparaissent à l’écran et que je connais personnellement. J’en découvre aussi de nouveaux parfois, quand je suis moi-même sur le terrain.
J’ai ensuite deux monteurs ici à Paris et un graphiste, car ce sont des vidéos avec beaucoup d’animations graphiques. Je travaille aussi avec un coordinateur éditorial et un directeur artistique. En tout, je rémunère cinq personnes sur ce projet.
Comment ça fonctionne côté business model ?
Ce sont des documentaires facturés à la minute, un peu plus de 1 500 euros la minute, de mémoire. J’en ai vendu trois à date, et tout est budgétisé : tournage, post-production… Ce n’est pas un format sur lequel je marge beaucoup, mais c’est un format qui a beaucoup de sens. C’est l’un des trucs que je préfère faire en ce moment, d’autant plus qu’Arte apporte une visibilité difficile à égaler sur YouTube.
Peut-être que j’en ferai d’autres avec eux par la suite, peut-être pas : ça dépendra des budgets, du prochain gouvernement l’année prochaine, qui sait.
Mais j’ai une exigence, en général, sur toutes mes productions : je veux qu’elles aient une vie sur Internet. Si ça passe à la télé sur Arte, tant mieux, c’est du bonus, mais ce qui compte, c’est le digital. Et encore une fois, je collabore avec eux parce qu’ils acceptent ça.
En tant que créateur d’info indépendant, cette collab’, c’est une de tes tentacules pour gagner de l’argent, quelles sont les autres ?
Il y a évidemment l’AdSense, l’argent que je gagne et que YouTube partage avec moi sur les publicités diffusées sur ma chaîne. Quand mes vidéos marchent bien, je fais du chiffre d’affaires avec. Après, dernièrement, j’ai beaucoup de vidéos qui ont été classées « moins de 18 ans ». Là, le film sur Gaza (nb : From Gaza With Love), je ne le monétise pas parce que je l’ai financé en levant de l’argent auprès de ma communauté, et l’idée n’est pas de s’enrichir dessus, mais simplement de rentrer dans mes frais.
J’ai aussi des collaborations plus ponctuelles avec des associations comme Bloom ou Disclose. Ça, en général, je ne fais pas forcément de marge, mais si la vidéo marche très bien, ça me fait un format qui a été financé par quelqu’un. Et si ça marche très bien, comme par exemple le reportage avec Bloom, je touche beaucoup d’AdSense que je vais réinjecter dans ma boîte.
Je fais aussi des opérations de crowdfunding pour rattraper des dépassements de budget. Je l’ai fait, par exemple, dernièrement pour un sujet sur le Liban, où il me manquait 3 000 euros pour conclure la post-production, et la communauté a répondu présente.
Je ne fais pas de sponso, volontairement ; je ne sais pas si j’en ferai un jour. De toute façon, mon contenu n’attire pas forcément les annonceurs. Je n’ai quasiment aucun sujet qui ne concerne pas une crise humanitaire ou une guerre en cours. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai pu m’en passer, et pour mon indépendance éditoriale, j’aimerais que ça reste comme ça.
Est-ce que tu as réfléchi à faire de l’abonnement sur YouTube ?
Personnellement, je ne crois pas trop au modèle payant pour la vidéo sur YouTube parce que je considère que ça correspond à une logique de flux. Pour moi, chaque sujet que je traite est unique, je ne fais pas des émissions, je fais des documentaires. A fortiori, je veux que ces documentaires soient regardés par le plus de monde possible car je considère qu’ils traitent de sujets d’urgence vitale. Donc, peu importe ce que je fais pour le moment, je veux que ça reste en gratuit.
Ce n’est pas une chose facile parce que mes formats coûtent chers à produire : il y a beaucoup de post-production, de graphisme, de DA. Ça fait partie de mon ADN et c’est très compliqué d’en faire moins.
Sur l’épisode de « Fixers » en RDC, j’ai mis en tout deux mois à le finaliser. Je n’étais pas à temps plein dessus mais ça te donne une idée de l’implication qu’on y met avec mes équipes.
Ce que tu aimes c’est montrer aussi les à-côtés du métier de journaliste, tu as un regard un peu méta sur la profession comme dans ton dernier film « From Gaza With Love » où on suit un jeune reporter dans sa vie de tous les jours, avec sa famille, ses amis…
Montrer la guerre au premier plan, avec ceux qui la vivent au quotidien, y compris les journalistes qui habitent sur place, je suis persuadé que c’est un modèle qui va se démocratiser. On le voit avec la majorité des documentaires oscarisés ces dernières années. Je pense par exemple à « 20 jours à Marioupol », réalisé par un reporter ukrainien, ou à « No Other Land », réalisé par un journaliste israélien en collaboration avec un civil palestinien. Il y a aussi « Pour Sama », filmé à Alep par l’activiste Waad Al-Kateab…
C’est, de loin, je trouve, les meilleures narrations qui puissent exister aujourd’hui pour raconter les conflits. Et même si je pense que le travail des reporters français, et occidentaux de manière plus générale, est hyper utile et très complémentaire, je trouve que c’est souvent beaucoup plus fort quand c’est raconté par les gens eux-mêmes, qui habitent sur place.
En juin, ça fera 10 ans que tu as ouvert ta chaîne YouTube. Si tu devais retenir le changement qui t’as le plus marqué sur la place des journalistes sur la plateforme depuis ton lancement, ce serait lequel ?
Je préfère plutôt regarder vers l’avant, parce que j’ai un constat à te partager : on est en 2026 et on n’est que quatre ou cinq reporters français à avoir creusé notre trou sur YouTube. Je pense ici à Camille Reporter, Benoît Lecorre, Justine Reix, Charlotte Vautier et moi. Je trouve qu’il n’y a pas suffisamment de journalistes indépendants sur YouTube. Il en faut beaucoup, beaucoup plus, surtout des journalistes qui produisent de l’information de terrain, loin des plateaux télé, loin des chaînes d’info en continu. Plus des reporters avec cet esprit-là se lanceront sur YouTube, mieux ce sera pour la plateforme.
Ça ne veut pas dire que le modèle économique est viable pour tout le monde, mais je suis persuadé qu’il y a de la place pour ces profils. On a besoin d’un autre narratif que celui raconté par les médias rachetés par des milliardaires, on a besoin de reporters qui proposent un récit humaniste et antifasciste.
Après, il y a une autre réalité : on est des profils solitaires et ce n’est pas toujours facile, car on fait un métier qui se vit en collectif. C’est pour ça qu’aujourd’hui, on tente de se réunir en collectif pour se partager des ressources, sur le montage, le matériel de tournage ou l’animation graphique par exemple, mais aussi pour se faire des retours critiques sur notre travail.
Moi, je suis contacté régulièrement par des profils qui travaillent à la télé et qui aimeraient se tester sur YouTube pour faire des sujets différents et plus longs. Donc je les rencontre, je discute avec eux et je les encourage à sauter le pas. En général, il faut un investissement de départ, mais si ça marche, ça débloque quelque chose chez ces profils et ils ont envie de recommencer. Et j’espère que ça va se multiplier, car encore une fois, on a besoin de plus de contenus d’info longs sur YouTube !
Dans mes onglets.
📌 L’info : Vous vous souvenez de cette période un peu folle, il y a presque dix ans (aïe, petit coup de vieux), où, dans les médias, la mode était de produire du contenu sur mesure pour une application « que tous les jeunes utilisaient » ? J’ai nommé Snapchat. À l’époque, le réseau social arrosait, à coups de plus ou moins gros billets, certaines rédactions pour que ces dernières créent ce qu’on appelait alors des « Originals ».
Eh bien, cette période est définitivement terminée. C’est la newsletter média américaine Status qui dissèque ce déclin cette semaine, dans un papier détaillé sur la chute de l’un des shows les plus regardés de la plateforme, « Good Luck America ». Créée en 2016, cette émission produite par des journalistes en interne chez Snapchat était suivie par plus de 2 millions d’abonnés. Elle avait réussi à décrocher des interviews de premier plan, notamment avec Barack Obama ou, plus récemment, Gavin Newsom (probable futur candidat démocrate à la Maison Blanche). Sauf que, depuis la fin du mois de mars, plus aucun épisode n’a été publié. Même constat pour le show « Stay Tuned », produit par NBC, qui, malgré une audience mensuelle de 35 millions de vues, a arrêté de publier de nouvelles vidéos depuis l’automne.
« Aujourd’hui, de nombreux médias concentrent leurs ressources sur la mise en place de relations directes avec leur audience et de modèles économiques reposant sur l’abonnement. Snapchat, de son côté, s’est de plus en plus orienté vers les créateurs individuels plutôt que vers des productions autonomes coûteuses », détaille Status.
➡️ Ce que j’en retiens : C’est que tout n’est pas à jeter chez Snap, loin de là. L’appli a aussi servi de laboratoire pour de nouvelles narrations dans l’info. Dans mon ancien média, Loopsider, une émission avait été construite de A à Z pour Snapchat ; elle s’appelait « Hello World » et elle a fait travaillé, de mémoire, jusqu’à trois personnes. Elle nous avait permis d’aller chercher une nouvelle audience et de développer de nouvelles compétences (feuilletonnage de l’info, installation d’une incarnation et d’un ton propre).
Au Monde, l’ancienne équipe Snapchat, qui produisait un JT par jour avec beaucoup de motion design et des papiers fouillés sur l’international (que je lisais beaucoup pendant la préparation de mes concours aux écoles de journalisme), a connu une reconversion maligne. Aujourd’hui, elle s’est transformée en l’équipe qui produit les vidéos verticales dédiées aux pages TikTok et Instagram du journal.
✍️ Source : Snap’s Good Night to ‘Good Luck’
📌 L’info : J’ai trouvé passionnante un récent numéro de l’émission « Soft Power » sur France Culture avec des invités qui sur le papier n’ont pas grand chose en commun sur la forme. Mais qui pourtant se retrouvent sur le fond. Renée Kaplan, directrice des partenariats pour Substack France d’un côté et la famille Botbol (Maurice et Quentin) à la tête d’Indigo Publications (La Lettre, Africa Intelligence, Revue XXI) de l’autre.
Au départ chacun parle de son parcours de son côté et puis à un moment les points de vue convergent autour d’un produit : la newsletter. Chez Indigo, c’est le format originel, celui par lequel Maurice a transmis ses premiers scoops du côté de l’Afrique de l’Est. Chez Substack, c’est le coeur du business model, celui qui a fait de la plateforme un nouvel eldorado économique pour certains journalistes stars voulant monétiser une audience avec laquelle ils discutent à la première personne.
➡️ Ce que j’en retiens : Ce sont les conseils de Maurice Botbol pour trouver une audience. Des conseils qui se vérifient aujourd’hui à la fois pour un journaliste voulant créer son média que pour un Substacker voulant faire partager sa niche au plus grand nombre : « A l’époque, j’avais fait la tournée des bureaux de poste et des chambre de commerce pour choper tous les annuaires imaginables pour pouvoir se constituer des fichiers de marketing directs et envoyer par la poste des exemplaires de nos premières newsletters ».
✍️ Source : Indigo Publications : des services secrets à l’industrie du luxe, dans les coulisses du pouvoir
📌 L’info : Faut-il distinguer les shows des vidéos sur YouTube ? C’est LA question qui bouscule l’écosystème ces dernières semaines aux États-Unis. Je vous en parlais dans la dernière newsletter, mais je suis tombé amoureux du format « Keep The Meter Rolling » de l’ex-journaliste devenu créateur Kareem Rahma. Je n’avais jamais vu autant de promotion pour une vidéo YouTube, et je commence à comprendre pourquoi : parce que ce n’est pas une simple vidéo, c’est un show à part entière.
Dans l’un des derniers épisodes de leur podcast, « Colin and Samir » dissèquent la question. Ils retiennent trois arguments qui font de YouTube aujourd’hui une plateforme de shows et non plus seulement de vidéos unitaires : les TV connectées, sur lesquelles on se pose de plus en plus pour regarder des contenus ; un marché publicitaire arrivé à maturité (de plus en plus de marques sponsorisent, voire achètent des shows, comme on a pu le voir récemment avec OpenAI et TBPN) ; et enfin une émulation créative sans limite (je vous ai parlé de Kareem, mais il y a aussi Sean Evans avec « Hot Ones », Amelia Dimoldenberg avec « Chicken Shop Date » et bien sûr Jack Coyne — son interview dans Publishers, ici — avec « Track Star »).
➡️ Ce que je retiens : L’exemple marquant cité par Colin et Samir pour illustrer la maturité du marché publicitaire sur le produit « show » sur YouTube. Les deux créateurs parlent d’un épisode de leur podcast avec Emma Chamberlain en invité → 3 millions de vues, 48 minutes de rétention sur un épisode de près de 3h et plus de 50% de viewers venant de TV connectées. Mais le plus intéressant, évidemment, c’est l’argent → 60 000 dollars rien qu’en AdSense et un deal avec un sponsor leur permettant de dépasser les 100 000 dollars de gains. Le tout pour un podcast filmé peu cher à produire.
Tiens tiens d’ailleurs, ces shows viennent de faire la Une du magazine spécialisé Deadline, loin d’être un hasard.
✍️ Source : Why every creator is making a show ?
📌 Et aussi (mais plus de place…) : Je relaie une étude du Ouest Medialab sur les créateurs d’info locaux (si tu en es un ou que tu en connais un dans ton entourage, clique ici) ; Voici à quoi ressemble Dream On, le nouveau projet vidéo du co-fondateur de Vox Joe Posner ; Voici ce que rapporte vraiment le journalisme original sur TikTok (spoiler : l’addition n’est pas salée) ; Johnny Harris a gagné un Emmy Awards pour sa nouvelle série « The Human Effect » à venir bientôt sur sa chaîne YouTube ; Gaspard G dévoile sa team de prod’ ; la suite dans deux semaines…
Harold.














