Publishers n°3.
Je vous emmène à New York à la rencontre d’un créateur fan des États-Unis. Avec aussi : du Royaume-Uni, un sondage qui en dit long sur le futur du journalisme et le coup de gueule du GOAT de YouTube..
J’ai rencontré Arthur sur une table de montage dans un open-space plein à craquer un jour de septembre. Cet open-space, c’était celui des bureaux de Bangumi, la boîte de production derrière l’émission Quotidien. Je m’occupais des contenus destinés aux réseaux sociaux et des nouveaux formats digitaux liés à l’émission. Arthur, de son côté, mangeait des heures d’archives pour préparer la chronique pop-culture de l’émission : « Le Petit Q ».
Au fil des discussions, pendant lesquelles on partageait nos passions pour les keynotes d’Apple, entre autres, Arthur m’a parlé de sa chaîne YouTube. J’ai tout de suite compris qu’il n’était pas comme les autres jeunes journalistes que j’avais croisés.
Déjà parce qu’il a commencé très jeune sur la plateforme et a vu ses évolutions au premier rang. Ensuite, parce qu’il s’est très vite placé sur un format audacieux : le documentaire. Quelques années plus tard, alors qu’il vient de sortir un livre, j’ai voulu rappeler Arthur. Cette fois-ci, on n’a pas parlé d’Apple, mais bien de sa nouvelle vie de « producer » au Daily Show de Jon Stewart et de sa vision du métier de créateur-journaliste, dix ans après la création de sa chaîne. C’est à découvrir dans le grand entretien de cette semaine.
Dans les onglets que je vous ai mis de côté, je vous emmène aussi du côté de la presse économique britannique, qui fait un pari très audacieux sur Substack. On évoquera aussi MONSIEUR Casey Neistat, alias le GOAT de YouTube, qui donne son analyse — rare et cash — sur la creator economy.
Bienvenue dans Publishers n°3.
Bonne lecture.
L’interview.
Ça veut dire quoi être YouTubeur documentariste ?
Tout a basculé un jour de 2016, en pleine préparation d’un exposé d’histoire. Alors qu’il venait de se farcir – avec une joie suspecte – un documentaire de 8 heures sur New York, Arthur s’est dit un truc : « C’est quand même dommage d’avoir autant de matières et d’archives sous la main et d’en faire qu’un exposé ». Arthur commence à mater des tutos pour apprendre les bases du montage. Il ouvre sa chaîne YouTube. Il y diffuse sa première vidéo.
Près de 10 ans plus tard, Arthur est à la tête d’une chaîne suivie par plus de 200 000 personnes, sur laquelle il diffuse tous les mois un documentaire sur les États-Unis (les bagnoles, les gangsters, les fast-food, tout y passe), et ça cartonne. Aujourd’hui, ce passionné du dérush et des archives fait partie d’une agence de créateurs, et cinq personnes travaillent de près ou de loin sur ses documentaires.
Cela aurait pu s’arrêter là.
Mais YouTube, c’est aussi ce qui a permis à Arthur de devenir journaliste. D’abord chez Quotidien, où il travaillait à la préparation de la chronique « Le Petit Q », puis aujourd’hui au Daily Show de Jon Stewart, où Arthur est « producer ». Bref, trop de cases étaient cochées pour que je ne l’interview pas. C’est chose faite.
Tu te rappelles de la première fois ou tu as « Press Publish » sur YouTube ?
Ma toute première vidéo c’était en 2016, il y a presque dix ans. J’ai retouché le texte d’un de mes exposés en histoire, repris les images et je me suis mis à monter, sans jamais avoir appris auparavant. Au final, cela a donné un contenu de 15-20 minutes, ce qui était extrêmement long pour le YouTube de l’époque.
Je me rappelle, c’était vraiment le début de la vulgarisation, notamment historique, avec des créateurs comme Nota Bene ou Doc Seven. Moi, j’avais 17 ans, j’étais tout seul dans ma chambre, et ça m’inspirait beaucoup.
Pourquoi avoir tout de suite voulu parler des États-Unis.
C’est un peu une succession de hasards. À l’origine, je voulais faire uniquement des vidéos sur l’histoire des villes, mais après un voyage en Floride — où j’avais assisté au Super Bowl — je me suis dit qu’il y avait trop d’aspects dans cette culture qui m’intéressaient. L’actualité m’a aussi aidé, car à l’époque où je me lance sur YouTube, en 2016, nous étions en pleine élection présidentielle avec l’arrivée de Donald Trump en politique. Bref, il y avait de la matière.
À quel moment tu as eu envie d’y publier des documentaires ?
Dès le début, ma chaîne YouTube, je l’ai un peu pensée comme un CV en ligne ou une sorte de portfolio. Très jeune, j’avais envie de devenir journaliste, je n’avais pas envie d’attendre et donc, pour m’entraîner, quoi de mieux que cette plateforme pour y diffuser mes premiers documentaires.
Ensuite, j’y suis allé un peu au feeling, je n’ai pas pris de cours pour apprendre à écrire, trouver des archives. Ça faisait partie de ma curiosité naturelle, et c’est quelque chose que je faisais vraiment pour mon plaisir. Mon passe-temps, c’était quand même de lire Wikipedia ou de regarder des vidéos de l’INA, ce qui est un peu bizarre quand on est ado, il faut l’admettre. Ça a plutôt marché. Je pense que, d’une façon ou d’une autre, si l’audience sent que ta démarche est honnête, tu as déjà gagné une partie de leur confiance.
La première fois ou tu t’es dit que tu avais une audience, c’était quand ?
Ça s’est fait très graduellement, mais je me rappelle avoir ressenti un sentiment bizarre avec ma deuxième vidéo publiée sur YouTube. C’était une vidéo sur les élections américaines, et elle a été repartagée par Hardisk, un YouTubeur qui avait déjà une petite communauté. Ça m’a aidé à faire 1 000 vues et à avoir mes premiers commentaires. Ça me paraissait déjà énorme.
Ensuite, au bout d’un an, et au fur et à mesure des vidéos que je publiais, j’ai vu qu’il y avait toujours les mêmes personnes qui regardaient et commentaient. Là, j’ai compris que j’étais en train de créer quelque chose.
Parlons des dessous de la machine. Pour un documentaire de 50 minutes, il te faut combien de jours de travail et comment tu organises ton temps ?
Le gros déclic que j’ai eu dans la préparation de mes documentaires, ça a été mon expérience chez Quotidien. J’y suis resté un peu plus de deux saisons. Au départ, je m’occupais du « Petit Q », la chronique pop-culture de Willy Papa, dans laquelle je faisais principalement du dérush, avant d’avoir une chronique en plateau sur les archives qui s’appelait le « Dézoom ».
Quotidien m’a fait changer ma méthode de travail. Avant, je commençais toujours par l’écriture, ensuite j’enregistrais ma voix off, et enfin je cherchais des images pour illustrer ma voix. Mais quand j’ai commencé à faire du dérush tous les jours dans mon métier, j’ai vraiment compris l’importance des images, des sons. Je me suis d’abord concentré sur ça, en me disant que ça allait ensuite enrichir mon écriture. J’ai donc inversé ma méthode, et c’est là que mes documentaires se sont professionnalisés, à mon sens.
C’est quoi le point sur lequel tu bosses le plus ? L’écriture, les archives ?
Les archives sont devenues l’ingrédient le plus important de mes vidéos. Aujourd’hui, je n’ai plus le temps de les produire tout seul. Je travaille avec un auteur, un monteur et un miniaturiste, mais je garde pour moi la recherche des archives et le dérush. C’est vraiment la partie du travail que je veux continuer à faire, parce que ça m’aide à m’immerger dans le sujet et à retravailler ensuite le script.
Mais elle te vient d’où cette passion des archives au juste ? T’as une idée ?
(Silence)… Non, je ne sais pas du tout », (rires). Ça vient vraiment d’une curiosité naturelle où, plutôt que de regarder Squeezie, je regardais l’INA vraiment pour le plaisir. J’étais tout le temps émerveillé de voir comment vivaient les gens avant, à quoi ressemblait leur mode de transport, leurs expressions… Je ne me considère pas non plus nostalgique, car je ne pense pas que les gens étaient plus heureux avant, j’ai juste envie de comprendre le passé.
Concrètement, comment fonctionne ta chaîne YouTube aujourd’hui ?
J’ai rejoint une agence de créateurs (ndlr : Influx) en 2023, qui m’accompagne sur toutes mes sponsos et m’aide à faire fructifier mon contenu. Aujourd’hui, ce que je gagne, je le réinvestis directement dans la production de mes vidéos.
J’ai toujours tout fait tout seul jusqu’à cette année, où j’ai trouvé un job et où je vis à New York. Je n’avais pas envie d’arrêter YouTube et de laisser mes plus de 200 000 abonnés de côté, mais je n’avais plus le temps de tout mener de front, donc j’ai délégué l’écriture et le montage.
En clair, je donne mon sujet de vidéo à un directeur de production chez Influx. Il s’occupe de trouver un auteur et un monteur. Moi, je reçois ensuite un script. Je l’annote. Je tourne mon face-cam et je fais un dérush d’archives que l’on m’a proposées. J’en cherche aussi d’autres pour compléter le sujet. Ce directeur de prod envoie ce dérush au monteur, et je reçois une version sur laquelle je fais mes retours. Je garde toujours le contrôle sur le résultat final et la publication. Sur toute la construction, en revanche, ce n’est plus moi qui intervient directement.
Ça a été difficile au début, parce que j’ai toujours eu cette idée que chaque vidéo était un peu mon bébé, mais c’était nécessaire, ne serait-ce que pour avoir mes nuits et mes week-ends (rires).
Aujourd’hui, tu bosses au Daily Show de Jon Stewart. Est-ce que ta chaîne YouTube et ta communauté t’ont aidé à y être recruté ?
J’ai toujours voulu travailler pour un « late show ». Un jour, je suis tombé sur une offre sur LinkedIn des équipes du Daily Show. J’ai postulé en mettant dans mon mail de candidature un lien vers ma chaîne YouTube. J’ai eu une réponse et ai passé un entretien. Pendant la discussion, le recruteur m’a dit qu’il ne parlait pas français, mais qu’il avait vu ce dont j’étais capable, notamment en montage et en recherche d’archives.
Ce qui est marrant, c’est qu’ils m’ont plus parlé de ma chaîne YouTube que de mon expérience à la télé française chez Quotidien. Ça les intéressait davantage parce que cela montre que tu sais faire des choses par toi-même. C’est un des gros avantages de YouTube : la polyvalence. Là où, dans la presse traditionnelle, tu vas être embauché pour une tâche bien précise, sur YouTube tu dois savoir tout faire pour y arriver : enquêter, tourner, monter, poster.
Tu te considères plus créateur ou journaliste, ou t’as pas envie de dissocier les deux ?
Je me sens plus créateur que journaliste, alors qu’il y a quelques années, c’était plutôt l’inverse. Le titre de journaliste me paraissait important, et ce n’était pas pris au sérieux de faire des vidéos sur YouTube.
Aujourd’hui, je mets un peu plus de distance avec le titre de journaliste, sur lequel repose plus de responsabilités déontologiques. Si j’ai envie de faire des formats moins sérieux, je veux pouvoir continuer à les faire. Je ne parle évidemment pas de mettre de fausses informations dans mes vidéos, mais d’avoir un ton et des sujets qui revêtent plus de l’entertainment que du journalisme. Par exemple, je prends la liberté de ne pas parler de la situation politique américaine parce que je n’en ai pas envie. Je pense que si je me présentais comme journaliste, ça serait difficile pour moi d’éviter ce sujet dans mes vidéos.
D’ailleurs, à ce propos, il y a quelque chose qui m’a frappé depuis que je travaille dans un « late show ». En coulisses, on est considérés comme des « producers », des « researchers » et pas comme des journalistes. Même Jon (ndlr : Stewart) dit qu’il est comédien et pas journaliste. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, mais c’est quelque chose que je constate. Le journalisme a l’air d’être davantage sacralisé ici, aux États-Unis, surtout dans le contexte politique d’aujourd’hui.
Justement, le journalisme américain, parlons-en. Il est de plus en plus incarné, personnifié et reprend les codes des créateurs de contenu. C’est quoi ton regard là-dessus ?
Aux États-Unis, on se rend vraiment compte — même si j’habite à New York et que j’ai conscience d’être dans une bulle — que les gens font de moins en moins confiance aux chaînes d’information. Ils ne regardent plus CNN ou MSNBC. On ressent que ces chaînes ont perdu leur aura d’antan. Aujourd’hui — et la récente nomination de Bari Weiss, fondatrice de la newsletter The Free Press chez CBS News en est le symbole — les personnalités, notamment engagées, ont plus d’écho et d’impact que les médias.
Je le remarque ici dans mes rencontres avec d’autres Français à New York. Quand je leur dis que j’ai bossé pour Quotidien, ils me répondent « Ok. Cool. », mais quand je dis que j’ai une chaîne YouTube et que je leur montre, ils sont tout de suite plus curieux et impressionnés.
Le YouTube dans 5 ans, tu voudrais qu’il ressemble à quoi ?
C’est une bonne question, parce qu’à titre personnel, je regarde de moins en moins YouTube. Je consomme plus de contenus sur des plateformes de streaming et moins de vidéos de créateurs. Je ne sais pas si c’est un truc perso lié au fait que moi-même je fais des vidéos, ou si c’est un phénomène plus large, où des gens commencent à s’en lasser. Ou alors, je suis trop vieux, c’est possible aussi.
Dans cinq ans, j’imagine que ce sera de plus en plus professionnel et que cela ressemblera davantage à la télé. D’ores et déjà, dans les modes de consommation, les gens regardent YouTube sur leur télé connectée. Sur ma chaîne, c’est ma première source de trafic avec 43% des viewers, contre 30% sur smartphone, 20% sur ordinateur et 5% sur tablette. Mais aussi parce que les créateurs sont tout de suite très professionnels. Aujourd’hui, on voit arriver des profils qui ont zéro abonné et qui proposent un contenu ultra-qualitatif. Même les vlogs sont cinématographiques. On ne tombe plus sur des gens seuls avec une caméra, mais sur des vidéastes qui font des courts-métrages de leur vie.
Le standard est de plus en plus élevé, et je ne sais pas si on reviendra un jour à des contenus plus « home-made », même s’il y a toujours une audience pour ça, comme le prouve TikTok.
Dans mes onglets.
📌 L’info : The Economist, journal économique de référence outre-Manche, lance un produit payant sur Substack et, perso, c’est la première fois que je vois un média assumer à ce point un modèle « creator-friendly » sur une plateforme tierce.
On parle ici d’une newsletter, « Off The Charts », spécialisée dans le data-journalisme, qui était auparavant incluse dans l’abonnement classique du journal à 299$/an (!!). Dans une interview du « Head of Newsletters » du journal publiée sur le site spécialisé The Audiencers, on apprend que « Off The Charts » sera disponible gratuitement directement sur Substack et que, pour £7/mois, les abonnés auront accès à deux articles supplémentaires offerts ainsi qu’à l’intégralité des archives de la newsletter.
La démarche est née de la collaboration entre les équipes commerciales et éditoriales du journal. L’idée au cœur de cette décision est claire : rencontrer les audiences là où elles sont, sans être forcément obsédé par l’idée de les ramener sur son propre espace (site ou app). Substack a aussi pour elle un aspect communautaire indéniable que le journal cherche à explorer.
➡️ Ce que j’en retiens : Ce qui me tape dans l’œil dans ce choix stratégique, c’est qu’il transforme la vision que l’on a d’un journal. Nous ne sommes plus face à une revue classique, qui peut paraître froide au premier abord, mais à un groupe de presse souple, capable de faire des pas de côté pour devenir un créateur en soi.
The Economist épouse ici les codes qui ont fait le succès de Substack, en personnifiant son contenu et en l’adaptant à son audience de niche – ici les fans de chiffres et de data visualisation. Et ce n’est pas une première, comme le rappelle The Audiencers dans son article : chez The Economist, on parle d’une seule voix en mettant en avant le concept de « Hive Mind », c’est-à-dire un esprit collectif ; les articles ne sont pas signés. L’acteur qui donne l’info, c’est le journal, pas le journaliste. Le créateur, c’est la revue.
Seul bémol potentiel : la perte de valeur, car Substack prend 10% de commission sur chaque abonnement, soit ici environ 70 pence sur les £7 que coûte « Off The Charts ».
✍️ Source : The Audiencers
📌 L’info : Le boss de YouTube (pour moi), Casey Neistat, est récemment sorti de son trop long silence lors d’une conférence dédiée aux créateurs. Il en a profité pour dire ce qu’il pensait de la plateforme qui l’a fait connaître.
Pour ceux qui n’ont pas encore la chance de connaître ce créateur new-yorkais, que beaucoup considèrent comme l’inventeur du vlog, je vous fais les présentations en vitesse.
En 2015, Casey, réalisateur et documentariste de formation, a pris sa caméra pour filmer sa vie. Tous les jours. Pendant plus de 800 jours d’affilée. Sans prendre de pause. Cette prolifération de vidéos lui a presque valu un divorce avec sa femme, Candice, mais a surtout permis l’émergence d’un nouveau genre sur YouTube : le vlog.
Casey a été l’inspiration majeure de nombreux journalistes indépendants qui se filment aujourd’hui sur le terrain avec leur pod et leur caméra. Et ce qu’il dit — comme souvent — fait réfléchir.
Pendant cette conférence donc, Casey a affirmé pour la première fois que la « creator economy » était une notion qu’il détestait. Pour lui, la créativité ne doit pas se mesurer en metrics mais en idées. Et depuis quelques années, c’est exactement l’inverse qui se produit, et de façon exponentielle. Il illustre son propos en rappelant le nombre de campagnes de pub qu’il refuse malgré des revenus promis mirobolants. « Un jour, mon agent me parle d’une marque qui veut que je fasse une campagne avec elle. Je lui demande le brief, et là il me dit que la marque en question veut simplement que je lise un texte face caméra. Je lui ai répondu que si cette marque venait me voir seulement pour mon nombre de followers, elle pouvait aller se faire f*****. »
Langage fleuri, mais compréhensible quand on connaît la réputation du bonhomme. Quand Nike vient toquer à sa porte et lui laisse quartier libre — comme ce que chaque marque devrait faire en collaborant avec des créateurs — ça donne ça.
➡️ Ce que j’en retiens : Si des personnalités comme Casey, considérées comme des pionniers de YouTube aux États-Unis, commencent à critiquer de plus en plus ouvertement la plateforme qui les a vus naître, il y a de quoi être inquiet.
Certes, le fait que YouTube soit devenu un endroit pris au sérieux par les marques et où il est possible de vivre de sa création est une excellente nouvelle, notamment pour les journalistes qui s’y lancent en indépendant.
Mais à trop vouloir y imposer une sorte de valeur marchande aux créateurs, on risque d’y perdre beaucoup en authenticité et, comme le rappelle Arthur Genre dans notre interview plus haut, de se retrouver avec un espace qui imite trait pour trait les codes de la production télé. Partout. Sur chaque homepage.
Allez, je vous mets en lien le meilleur épisode ever du vlog de Casey, et vous allez comprendre pourquoi ce YouTube-là me manque déjà.
✍️ Source : Colin and Samir
📌 L’info : Je termine avec cette étude de l’Ifop qui est passée dans ma veille sur les envies de carrière des futurs journalistes français. Et là, Ô Surprise (ou pas), 62% des sondés — qui sont en formation en école de journalisme — aspirent à devenir créateurs de contenu.
Une proportion qui atteint même 76% des journalistes déjà en exercice interrogés. Pour 78% d’entre eux, le souhait numéro 1 est de créer son propre média.
Faut-il y voir une défiance pour le fonctionnement actuel des rédactions, biberonnées aux financement des milliardaires et/ou pour une génération de rédacteurs en chef qui peinent encore à voir le changement des usages dans la manière qu’ont les plus jeunes générations de s’informer ? « Ce basculement générationnel traduit une évolution du rapport au métier. La création de contenu n’est plus perçue comme une alternative mais comme une évolution naturelle du métier » détaille le sondage.
➡️ Ce que j’en retiens : Que les mentalités changent. Que c’est une bonne nouvelle. Que de nouvelles figures inspirent la génération qui vient comme Salomé Saqué ou Hugo Décrypte (personnalités également citées dans le sondage). Que le journalisme a un avenir. Qu’on n’est pas (encore) tous foutu. Oui j’ai fait court parce que je suis trop bavard.
✍️ Source : Stratégies
📌 Et aussi (mais plus de place…) : C’est officiel, avec Sora, « we’re all fuck** » ; le boss de Patreon (et sa belle beaaaard) Jack Conte passe sur le divan de Wired ; sur Substack, même les petits créateurs gagnent de l’argent ; CNN produit un tout nouveau show avec des créateurs ; la suite… dans deux semaines 👋














